Nostalgie de la lumière de Guzman : les morts peuvent devenir stellaires

Nostalgie de la lumière

Le montage le plus audacieux de l’année, qui unit la surface de la lune à celle du crâne humain d’une victime de la dictature militaire de Pinochet au Chili, raconte la longue trajectoire du calcium des étoiles jusqu’à nos os. Ce parallèle saisissant, l’un des plus audacieux depuis le collage du lancement d’un os et d’un vaisseau spatial dans 2001 l’Odyssée de l’espace, est au coeur d’un documentaire beau comme un poème, Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman.

C’est l’histoire d’une triple passion/obsession autour d’un même territoire, l’immense désert d’Atacama au Chili, qui réunit des astronomes du monde entier attirés par son climat très sec qui offre une excellente visibilité sur le ciel, les femmes de victimes de la dictature à la recherche de leurs chers disparus, et les archéologues à la recherche des peuples de l’Amérique précolombienne.

Patricio Guzman poursuit l’exploration de son obsession pour la dictature de Pinochet qui le força à l’exil en France en créant une cosmologie nouvelle, qui embrasse la poussière des charniers et l’éclat des étoiles disparues dont la lumière nous parvient encore, la douleur des familles qui ont dû dénoncer leurs enfants pour sauver leurs petits-enfants des militaires, et le courage des femmes à la recherche des corps des disparus dans le désert pour mettre un terme à leur douleur, alors que tout le pays rêve du confort de l’oubli.

“Ceux qui n’ont pas de mémoire ne vivent nulle part” filme le cinéaste qui soulève les morts une dernière fois, avant que leur visage ne s’efface “comme à la limite de la mer un visage de sable” (M. Foucault).


NOSTALGIE DE LA LUMIERE, bande-annonce, sortie 27 oct. 2010
envoyé par pyramidedistribution. – Les dernières bandes annonces en ligne.

Vénus noire de Kechiche : le regard de l’Autre

Vénus noire

Il y a d’abord la belle Yahima Torres, la Vénus hottentote du film, qui fait oublier que le cinéma français a souvent un siècle de retard sur la peinture de Paul Gauguin, le premier en occident à représenter la beauté selon des critères non européens.

Celui que nous considérons comme le plus grand cinéaste francophone des années 2000, Abdellatif Kechiche, frappe de plus en plus fort, de l’exclusion par le langage en banlieue à l’époque de L’esquive à la ségrégation sociale et ethnique des villes françaises contemporaines dans La graine et le mulet, pour partir ici à la recherche de la source des théories raciales au début du XIXe siècle, et à l’histoire de cette pauvre vénus hottentote, tirée par un afrikaaner cupide de son Afrique du sud natale pour être exhibée sur les foires à Londres et Paris avant d’être prostituée, de mourir jeune en 1815 et de voir son corps dépecé par les scientifiques français (qui se saisirent de la proéminence de ses lèvres vaginales pour établir leur théorie sur la classification des races), puis un moulage de son corps être exposé au Musée de l’homme jusqu’en 1974, avant d’être enterrée en Afrique du Sud en 2004.

Le programme donne le vertige, et c’est bien de vertige qu’il s’agit, d’ivresse même, du cirque des foires de Londres, du cirque du jugement par lequel des libéraux anglais voulaient libérer la pauvre femme, et qui se transforme en cris de haine des “vraies comédiennes” contre la jeune femme (où l’on reconnaît les attaques de la vieille garde du cinéma contre celui de Kechiche), cirque de l’aristocratie française qui s’extasie comme aujourd’hui que l’on préfère “Paris à Londres”, cirque des maisons closes et de la pornographie.

Bien sûr, le spectacle n’est pas recommandé aux âmes sensibles tant il est éprouvant (2 heures 40), invitant le spectateur à boire la coupe jusqu’à la lie, coupable de trop regarder ce spectacle de femme attachée qui ressemble aux prisonniers irakiens humiliés par des soldats américains (la comparaison est du cinéaste). Dans La graine et le mulet déjà, les bourgeois sétois se transformaient en voyeurs obscènes devant la jeune Hafsia Herzi qui faisait la danse du ventre. Ici, l’image numérique donne à voir toutes les imperfections du visage humain et renforce les grimaces des bien-pensants. Un critique du New York Times a même jugé le spectacle “bâclé”, preuve de l’uniformisation croissante du cinéma américain.

Rien de bâclé dans ce cinéma qui donne la part belle aux comédiens (dont le toujours excellent Olivier Gourmet, la trop rare Elina Löwensohn et le méconnu André Jacobs). On reconnaît une grande oeuvre littéraire du XIXe siècle à ce qu’elle a montré les femmes et les prolétaires comme des êtres égaux à tous les autres hommes. On reconnaîtra un grand film du début du XXIe siècle à ce qu’il aura regardé le chemin qui mène un individu à nier la valeur d’autrui pour des raisons de couleur, d’ethnie ou de religion. Français, encore un effort pour être révolutionnaires et regarder tous vos concitoyens, quel que soit leur visage et leur origine, comme les vôtres.


Teaser VENUS NOIRE
envoyé par MK2diffusion. – Court métrage, documentaire et bande annonce.

Bassidji de Mehran Tamadon : l’Iran, les barbus et ta soeur

Bassidji

Plutôt que de bombarder l’Iran, ce dont rêvent sans doute plus d’un Républicain le jour où ils se débarrasseront d’Obama, certains ont décidé de filmer les habitants de ce pays dont le chef d’Etat prend plaisir à se présenter comme “le dernier ennemi de l’Occident”, y compris ceux qui y détiennent le pouvoir et oppriment sa population. Le cinéaste iranien Mehran Tamadon, qui rappelle plusieurs fois à ses interlocuteurs pendant le film “qu’il est athée, qu’il boit de l’alcool et qu’il vit en France” est de ceux-là.

Jusqu’à quel point peut-on dialoguer avec un individu, jusqu’à nouer avec celui-ci des liens d’amitié, même s’il adopte un point de vue diamétralement opposé au vôtre ? Voilà la tâche ardue et passionnante à laquelle s’est attelé le cinéaste iranien, qui a filmé durant un intervalle de dix-neuf mois des membres des Bassidji, milices religieuses fondées par Khomeini en 1979, mouvement paramilitaire très actif durant la guerre Iran-Irak, qui veille aujourd’hui au strict respect de la loi islamique (port du tchador, prise en charge des démunis, chasse aux délinquants et aux drogués, etc.).

Mehran Tamadon ne cache pas sa sympathie envers le personnage principal du film, Nader Malek-Kandi, héros de la guerre, dévoué corps et âme à son pays et à l’islam, éditeur de livres de propagande religieuse, mais il rappelle que “le film se fait autour de la distance entre eux et moi”. Le réalisateur a le sentiment de raconter toujours la même histoire sur son pays : “je filme une barrière idéologique que je souhaiterais franchir, mais je n’y parviens pas.”

Bassidji culmine dans deux scènes qui illustrent la force de ce cinéma de l’altérité. Le cinéaste rencontre des jeunes femmes en tchador lors d’une exposition sur la guerre. Il leur demande si elles pensent voir un jour un homme (autre que leur mari) sans leur voile, elles lui reprochent de lever des barrières lorsqu’il s’écarte d’elles, et s’écartent de lui lorsqu’il s’approche trop d’elles. L’effet burlesque est renforcé par le fait que c’est principalement autour du statut des femmes que se joue la grande rivalité entre l’occident (dont le cinéaste adopte le mode de vie) et les pays musulmans.

La peur de la femme devient particulièrement manifeste chez l’un des interlocuteurs du cinéaste, l’un des plus religieux et dépourvu d’humour, qui affirme que le regard d’une femme peut devenir dangereux lorsqu’il fait trembler le plus croyant des hommes.

Dans une société structurée autour de la mythologie de ses martyrs, des compagnons d’Hussein à Kerbala en 680 à ceux de sa dernière guerre, Mehran Tamadon filme avec mélancolie et tristesse l’assurance de ceux dont le pouvoir est renforcé chaque fois qu’un pays musulman a le sentiment d’être agressé par l’un des deux ennemis déclarés du pays, “les Etats-Unis et Israël”. Il nous rappelle que le XXIe siècle appartiendra à tous ceux qui quitteront le confort de leur entre-soi pour s’aventurer au-delà de leur classe sociale, de leur ethnie ou de leur croyance.


BASSIDJI – BANDE ANNONCE
envoyé par Aloest_Distribution. – Regardez des web séries et des films.

The social network de David Fincher : le siècle de l’exhibition

The Social Network

Le plus intéressant avec The social network est moins d’apprendre que l’inventeur d’un réseau de 500 millions d’amis est un autiste que d’imaginer ce que David Fincher, le cinéastes de l’obsession de la mort en occident, violente (Seven, Zodiac) ou à petit feu (Panic Room, Benjamin Button) fait de cette histoire.

Jesse Eisenberg campe un nerd étudiant à Harvard, un peu autiste, qui se venge de sa copine un soir en l’humiliant sur son blog et en créant un site permettant de voter pour les filles de l’Université. Sa réputation est faite, trois fils à papa l’approchent pour lancer un réseau social, il trouve l’idée géniale et se lance de son côté dans son propre projet, un certain The Facebook, devenu sur conseil de l’inventeur de Napster (le site d’échange gratuit de musique dont le succès a divisé par deux le chiffre d’affaires de l’industrie du disque en dix ans), Facebook.

David Fincher structure cette intrigue qui ne ferait a priori fantasmer qu’un quotidien économique en une grande fresque désenchantée sur le rêve américain : une lutte toujours possible (en tout cas beaucoup plus qu’en France où le capitalisme est presque essentiellement détenu par des héritiers), mais impitoyable, une machine à broyer l’amitié et les sentiments.

Toute l’intrigue tourne autour des deux procès entre l’inventeur du site, les inventeurs du concept et le premier associé du premier (Andrew Garfield, le délinquant de Boy A). La tension de ce polar psychologique est encore renforcée par la présence de Trent Reznor au générique, le chanteur-compositeur de The Nine inch nails, que votre serviteur n’a pas fait sembler d’écouter durant sa jeunesse (mon frère prétendrait que je le couvre de honte en écoutant surtout un morceau en boucle par album, mais plusieurs témoins peuvent certifier que j’ai écouté The downward spiral de NIN et Nevermind de Nirvana en entier, et plusieurs fois).

Le réseau le plus exhibitionniste du monde, où l’on peut découvrir tous les secrets de ses amis (avec qui ils sortent, de qui ils se séparent, leurs photos, etc.), collègues, proches et moins proches, n’est rien moins que le vrai reflet de son époque, obsédée par ses 15 mégaoctets d’éternité, comme son inventeur qui voulait plus que tout accrocher le regard d’une jolie fille. “Tu n’est pas un salaud, mais tu fais tout pour en être un” lui dit l’assistante de son avocat. Un roi sans divertissement est un homme plein de misères.


THE SOCIAL NETWORK : BANDE-ANNONCE HD VOST
envoyé par baryla. – Les dernières bandes annonces en ligne.

Kaboom de Gregg Araki : sexe, secte et science-fiction

Kaboom

S’il faut deux générations pour assister au refoulement de la mémoire sur un conflit, peut-être faut-il soixante ans pour libérer les moeurs si l’on en croit cette année 2010 où l’on n’a jamais autant parlé de l’échelle de l’Américain Kinsey qui classe depuis les années 50 l’humanité en catégories allant de totalement hétérosexuel (0) à totalement homosexuel (6).

Le sujet était aussi au coeur du film de Xavier Dolan, et Gregg Araki ne fait pas dans la dentelle pour passer aux travaux pratiques avec le personnage principal de Kaboom, un étudiant américain mal peigné qui fantasme sur son colocataire tout en couchant avec une grungette de la fac, laquelle apprend aux hommes à distinguer un vagin d’un plat de nouilles.

Le cinéaste, fasciné par David Lynch, mêle à ces explorations érotiques un zeste de bizarre lorsque notre étudiant assiste à un meurtre commis par des individus porteurs de masques d’animaux, et que sa meilleure amie est vampirisée par une vraie sorcière (Roxane Mesquida, excellente comédienne que nous admirons depuis A ma soeur de Catherine Breillat).

Le film s’emballe en de savoureux moments dignes des pires nanars de la SF paranoïaque des années 50 mâtinée de fantasmes et de l’humour classique du cinéma queer pour la traversée des genres sans passer par la case départ. Nous attendons encore le grand film sur adolescent, qui viendra peut-être un jour de l’adaptation du Maître des illusions de Donna Tarrt, et que nous filmerions bien demain matin si nous réunissions les 10 millions d’euros pour le faire. En attendant, comme disait le garagiste d’En quatrième vitesse de Robert Aldrich, grâce auquel nous devons un peu de David Lynch, par lequel nous avons Gregg Araki : “Vroum, Vroum, Badaboum.”

KABOOM – bande-annonce

envoyé par wildbunch-distrib. – Les dernières bandes annonces en ligne.

Entre nos mains de Mariana Otero : tant qu’il y aura des ouvrières

Entre nos mains

Notre beau pays qui perd ses ouvriers depuis trente ans a au moins des réalisateurs, en l’occurrence une réalisatrice ici, Mariana Otero, pour les filmer et nous montrer leur monde caché aux regards. “J’aime les ouvriers, j’admire et j’envie leur savoir-faire” écrit Luis Bunuel dans son autobiographie, d’une phrase qui pourrait résumer ce film beau comme un poème d’amitié pour des femmes chargées de concevoir, tisser et vendre un objet majeur du désir des hommes, la lingerie féminine.

La société Starissima au bord de la faillite dans les environs d’Orléans cherche à se transformer en SCOP, et la réalisatrice suit le dilemme de ces femmes habiles et courageuses, qui se demandent si cela vaut le coup de donner un mois de salaire au projet pour sauvegarder l’entreprise, leur emploi, et se rêver pour une fois égales au patron.

Entre nos mains, ou l’Odyssée des femmes du monde entier, de la Chine au Congo, qui piquent et repiquent nos vêtements au gré des mutations du secteur du textile, pour des petits salaires, à la merci des actionnaires et des clients (le projet de SCOP est fragilisé par le déférencement de trois marques par une grande surface). Mariana Otero, la tendresse incarnée, s’attarde sur un doute (une ouvrière redoutant de perdre sa mise et son emploi), un gentil mensonge (Sylvie annonçant son refus de participer à la SCOP, puis prétendant qu’elle n’a jamais donné son avis), la maladresse des hommes dans le monde des femmes (deux managers en train de renifler des culottes pour sentir l’odeur de l’encre des cartons)…

Dans un pays dirigé par une élite masculine et blanche issue des grandes écoles qui agitent pour faire plaisir à une minorité qui vote le spectre de la peur de l’autre, Mariana Otero plante sa caméra au milieu d’un petit monde qui s’appelle la France, qui se dilue peu à peu dans l’Europe et la mondialisation (Victor Hugo écrivait en 1851: “La France a cela d’admirable qu’elle est destinée à mourir… La France deviendra l’Europe), où les visages ont toutes les couleurs et les religions. On reviendra forcément à cet Entre nos mains peut-être trop tard, avec la mélancolie pour les mondes qui ont disparu, ou pour se demander comment on a pu perdre à ce point le contact avec ceux pour lesquels un mois de salaire représente toute une vie.

ENTRE NOS MAINS – Bande-annonce

envoyé par diaphana. – Court métrage, documentaire et bande annonce.

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen : rêve, doute, embrasse

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Un blogueur tombé en cinéma à cause des films de Woody Allen, en particulier Annie Hall, plante sa tente chaque année devant les cinémas la veille de la sortie de son crû annuel et embrasse les passants dans la rue pour leur chanter la nouvelle.

Bien sûr, les inconnus que l’on croise dans la rue sont généralement moins prompts au badinage que ceux que l’on fréquente chez Woody Allen, mais après tout on ne va pas au cinéma pour entendre les gens se plaindre du mauvais temps ou de la crise. Dans Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu pourtant, une bande de dépressifs à la recherche du grand amour se rêvent de grandes histoires d’amour avec des amants inaccessibles. Les films de Woody Allen ont pris une teinte plus jaune depuis une dizaine d’années, comme s’il figeait sur la pellicule une image mélancolique du Londres et du New York d’autrefois.

Dans Vous allez rencontrer.., Anthony Hopkins a lui décidé de ne pas vieillir, et quitte sa femme pour une actrice de troisième zone qui arrondit ses fins de mois en vivant de ses charmes (Sydney Pollack, dans Maris et femmes, quittait aussi sa femme pour une jeune femme insignifiante : le thème est récurrent chez le séducteur new-yorkais). Sa fille Naomi Watts rêve d’ouvrir une galerie d’art tout en partageant la vie d’un écrivain râté (Josh Brolin, l’excellent voleur de manette de No country for old men et le George Bush d’Oliver Stone), lui-même étant attiré par les charmes de la belle voisine indienne qui vit en face (Freida Pinto de Slumdog Millionnaire).

Comme toujours chez Woody Allen, la magie s’incruste et aura son dernier mot avec la mère de Naomi Watts, qui se console auprès d’une fausse voyante qui la persuade qu’elle a eu des vies antérieures. Entre la légende et la vie, imprimez la légende, filmait John Ford. Woody Allen filme des Londoniens d’aujourd’hui voler le livre de leur meilleur ami pour devenir écrivain, s’inventer une histoire d’amour torride avec un proche, ou être persuadés d’avoir été Jeanne d’Arc. Entre les illusions et les remèdes, filmez le rêve.


VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU : TRAILER HD
envoyé par baryla. – Court métrage, documentaire et bande annonce.

(Io sono l’)Amore de Luca Guadagnino : dans ta bouche

Amore

Comment partir à la conquête d’une bouche ? Sur un scénario un peu cruche et aux accents de réchauffé (une grande bourgeoise milanaise tombe amoureuse du cuisinier ami de son fils), Luca Guadagnino a bâti un film beau comme un musée de sensations.

Io sono l’Amore (Je suis l’Amour) est placé sous le double signe de Visconti pour sa famille décadente italienne, qui rassemble quelques pépites de l’âge d’or de son cinéma (Gabriele Ferzetti de L’avventura et Il était une fois dans l’ouest), du cinéma tout court (Marisa Berenson de Barry Lyndon) et du théâtre contemporain italien (le grand dramaturge Pippo Delbono), ainsi que de l’érotisme panthéiste de Lady Chatterley (version Pascale Ferran).

Dans cette grande famille préoccupée par la transmission de l’usine de textiles du grand-père, Emma sortie de chez Flaubert trompe son ennui de son mari Tancredi sorti du Guépard avec le cuisinier ami/rival de son fils. Le barbu l’embouche en son restaurant autour d’un plat d’écrevisse qui jette son filet sur la belle Tilda Swinton, toujours aussi envoûtante qu’à l’époque de Caravage, film underground culte de Derek Jarman (mais dont il n’est pas interdit de rire de certains excès).

Préfère, mon enfant, tes sens à la triste existence de ceux qui passent leur vie à compter leurs maisons, filme Luca Guadagnino, homme de la mise en bouche et du plaisir sensuel offert par la caméra.

AMORE : BANDE-ANNONCE HD VOST

envoyé par baryla. – Les dernières bandes annonces en ligne.

Les amours imaginaires de Xavier Dolan : du plaisir de se briser le coeur

Les Amours Imaginaires

Et si la vie ne valait la peine d’être vécue que pour ses moments les plus intenses, à savoir ceux où l’on se brise le coeur ? C’est en tout cas le pari de l’utra-narcissique et talentueux jeune Xavier Dolan, notre cousin québécois aussi bien peigné qu’un Parisien. Dans son deuxième film Les amours imaginaires, il s’entre-amourache du même ange blond avec sa meilleure copine Marie. Le bellâtre va briser leur amitié en laissant croire qu’il peut assouvir le désir de l’un ou de l’autre.

Diable d’homme ! Ni blasé par le commerce de l’art, ni castré par les commissions de financement du cinéma, le jeune Dolan s’en donne à coeur joie, filme les hommes comme des sculptures de Michel-Ange, les femmes comme dans un film de Michel-Ange et le tout bourré de couleurs comme du Matisse shooté au pop-art comme on n’en avait vu dans le cinéma français depuis Jacque Demy.

Nous sommes jaloux de ses audaces formelles et de son coeur bleu, de tous ses filtres de couleur et d’une bande-son musicale pop qui remixe Dalida, Indochine, France Gall et même House of pain (Jump around sur des jambes de femmes en escarpins, au ralenti). La distribution a eu la gentillesse de sous-titrer les passages les plus ardus de nos cousins montréalais qui réserve quelques perles. Dolan s’amuse des métissages de sa langue grignotée par l’anglais (split, bill, cute, etc.) et de l’amour. Métissage de l’amour, voilà un programme de cinéma pour le jeune XXIe siècle.


LES AMOURS IMAGINAIRES : BANDE-ANNONCE
envoyé par baryla. – Regardez des web séries et des films.