
La manière la plus courte de rédiger ce blog consisterait à conseiller à son imbécile auteur d’ouvrir son pantalon plutôt que de poser ce genre de question stupide. Et pourtant, la rétrospective de l’oeuvre de Catherine Breillat à la Cinémathèque française offre l’opportunité de redécouvrir des films entièrement tendus vers l’étonnement, le désir et la colère des femmes envers le sexe de l’homme.
La cinéaste a surtout fait parler d’elle ces derniers mois par sa volonté de détruire la réputation du séducteur mythomane Christophe Rocancourt auquel elle aurait prêté des sommes d’argent astronomiques que ce dernier ne lui aurait pas rendues. Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, et les femmes cinéastes qui invitent à se méfier du pouvoir de manipulation des hommes ne sont pas nécessairement les mieux armées pour s’en défendre.
Qu’importe, la cinéaste signe depuis trente ans une oeuvre extrême, dont les audaces font parfois oublier les maladresses (Rocco Siffredi jouant à être comédien dans Romance X et Anatomie de l’enfer vaut les meilleurs sketchs des dix comiques préférés des Français), et qui n’a cessé d’interroger l’ambivalence du désir des femmes envers le sexe de l’homme : fantasme de viol (Romance X, A ma soeur), tendresse envers le complexe de taille et l’exhibitionnisme des hommes (Grégoire Colin se promenant avec sa prothèse de pénis sur le plateau de Sex is comedy), colère envers la capacité des hommes à désirer sans amour (Romance X), besoin d’être désirée même sans espoir de conquête (Anatomie de l’enfer), etc.
La rétrospective sera également l’occasion de voir les films qui l’ont inspirée, et notamment Marlon Brando en campagne de publicité pour le beurre dans Le dernier tango à Paris, ainsi que ceux dont elle a signé le scénario, comme Police de Maurice Pialat, l’un des plus grands films noirs français avec Gérard Depardieu et Sophie Marceau. Et puis comme disent les cinéastes, qui ne manquent pas tous d’humour, à la fin d’une prise, Coupez !
Rétrospective Catherine Breillat à la Cinémathèque Française, du 1er au 20 septembre 2010
ANATOMIE DE L’ENFER bande annonce
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Voilà un homme qui a posé toute sa vie l’une des plus passionnantes questions du siècle révolu : “qu’est-ce qui rend la haute culture si vulnérable aux sirènes de la barbarie ?” Une sélection de ses articles parus de 1967 à 1997 pour le magazine de référence The New Yorker fait l’objet d’une publication chez Gallimard.
Il est permis, à l’heure où les débats sur l’âge du départ à la retraite font rage en France, de saluer la sortie de The expendables de Sylvester Stallone, qui rassemble tout ce que le cinéma d’action hollywoodien a compté de star depuis trente ans, comme des pistes offertes pour la reconversion des seniors : tabassage des hommes qui battent leurs femmes, exécution des kidnappeurs du Golfe d’Aden, décapitation de militaires d’une narcodictature du Golfe du Mexique, etc.
“Le spectateur ne met pas un bulletin dans l’urne lorsqu’il va au cinéma” disait le cinéaste François Truffaut à propos de l’insuccès d’un film de Maurice Pialat qu’il avait produit, L’enfance nue. Stendhal comparait quelques dizaines d’années plus tôt la politique dans une oeuvre d’art à un “coup de pistolet dans un concert”. Il faut entendre les jeunes cinéastes dans les festivals de court-métrage se vanter de faire du cinéma de l’indicible pour se rendre compte quels ravages ont pu faire ce genre de propos, alors qu’ils ont été tenus par des artistes considérés en leur temps comme subversifs pour s’être attaqués dans leurs oeuvres les plus célèbres à la religion pour l’un (Stendhal dans Le rouge et le noir) et à l’antisémitisme pour l’autre (Truffaut dans Le dernier métro).
L’étau se resserre autour de l’un des sujets majeurs de ce blog, à savoir le dévoilement progressif de mon éventuel lien de parenté avec Albert Dupontel (l’autre sujet étant l’évolution du cinéma de l’être selon une perspective heidegerienne dans les années 50, au cinéma de l’autre selon une perspective levinassienne, aujourd’hui).
