Fais-moi plaisir d’Emmanuel Mouret : les yeux grand ouverts

 Emmanuel Mouret dans Fais-moi plaisir ! (Photo)Le dernier film d’Emmanuel Mouret est un remake comique et hilarant d’Eyes wide shut de Kubrick à la manière dont Assaut de Carpenter refaisait Rio Bravo de Hawks, ou dont 35 rhums de Claire Denis refilmait Le goût du sake d’Ozu, en allant chercher ce qui dans le mythe créé par les films originaux collait parfaitement à la modernité.

Comme dans le film de Kubrick, les fantasmes de l’un déclenchent le désir de l’autre, bien que les rôles soient inversés chez Mouret. Jean-Jacques (le cinéaste lui-même), aussi béat qu’un rousseauiste, est appelé par une femme alors que sa compagne (Frédérique Bel) s’apprête à lui faire plaisir. Le jeune homme révèle qu’il a été séduit par une femme (Judith Godrèche) qui l’invite à une soirée. Pour être moderne, sa petite amie lui suggère de s’y rendre et préfère qu’il la trompe plutôt qu’il fantasme sur une autre femme.

Emmanuel Mouret va comme Tom Cruise dans le film de Kubrick traverser le miroir et Paris comme la star américaine errait dans New York, en rencontrant rien moins que le Président de la République en négociation avec les Japonais, en assistant à une ennuyeuse fête chez la fille de celui-ci où Mouret s’empare définitivement du gag de la braguette, avant de tomber dans un merveilleux nid tenu par cinq jeunes filles avenantes, dont Déborah François beaucoup plus émouvante en soubrette coquine que chez les Dardenne. Mais au bout de la nuit, celui qui pensait tromper s’est laissé prendre.

Le critique Michel Chion remarquait que l’importance d’Eyes wide shut était liée au fait que comme la plupart d’entre nous, le personnage interprété par Tom Cruise était séduit par une femme, lors d’une soirée, mais finissait par s’endormir, quels que soient ses fantasmes, sagement aux côtés de sa femme. Mais là où Kubrick filmait une valse triste du désir, Emmanuel Mouret a décidé, autour d’une polka, qu’il était bien temps d’en rire.

Etat des lieux du court à Pantin (5) : égoïsmes et affinités

L’inquiétant roman de science-fiction Demain les chiens de Clifford D. Simak présentait une humanité en voie de disparition à cause d’une peur grandissante pour l’autre. Quatre films du festival Côté court explorent différents visages de l’égoïsme dans les relations contemporaines.

L’hilarant Conversations de salon 4, 5 et 6 de Danielle Arbid filme trois groupes de quatre Libanaises chrétiennes tenant salon en arabe sur Dieu, la chirurgie esthétique, le monde et les hommes. Le dispositif très simple en trois plans dans le même salon (un plan large embrassant toute la pièce, un champ sur deux femmes, le contrechamp sur les deux autres) dresse le portrait de femmes d’âge mûr estimant que la véritable preuve de l’existence de Dieu serait que l’une d’entre elles se taise, que le plus beau pays du monde, où tout le monde s’aime, est le Liban, et qu’il vaut mieux avoir de belles lèvres qu’embrasser son mari. Courage, le désert humain progresse !

Les Astres noires de Yann Gonzalez est un poème gothique issu du programme de Canal+ La collection, avec l’idole des jeunes Julien Doré.

La Harde de Kathy Sebbah dresse le portrait de quatre jeunes mâles qui jouent avec un fusil dans l’Ariège, jusqu’à tomber sur plus fort qu’eux.

Malika s’est envolée de Jean-Paul Civeyrac narre la fascination d’un bourgeois glandeur pour une jeune marginale, Malika, qui finira par se jeter par la fenêtre lors d’un contrôle de police de sans-papiers. Où l’on se demande si le personnage n’est pas une métaphore du bourgeois qui envoie un chèque en Afrique, mais se sent tout de même mieux entre blancs.

Le programme 7 sera de nouveau diffusé le jeudi 18 juin à 20 heures. Les films primés par le festival seront diffusés samedi 19 et dimanche 20 à 18 heures et 20 heures.

Festival Côté court de Pantin, du 10 au 20 juin 2009, www.cotecourt.org, Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive 93 500 Pantin, 01 48 46 95 08

Etat des lieux du court à Pantin (4) : comment se libérer du poids des absents ?

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Chris Marker notait en 1982 dans Sans soleil, un portrait de ce qu’il appelait les “deux pôles extrêmes de la survie”, le Japon et la Guinée-Bissau, que l’occident souffrait d’une incapacité à oublier. Quatre films du programme de Côté court à Pantin explorent le poids des absents et la quête de délivrance des vivants.

Le film expérimental chilien Brises (photo) d’Enrique Ramirez filme en plan-séquence le parcours d’un homme qui marche au petit matin dans les rues de Santiago du Chili, traverse la Maison du Gouvernement chilien, qui a été détruite après l’assassinat de Salvador Allende par les troupes de Pinochet soutenues par la CIA, puis reconstruite. Ce voyage dans la mémoire d’un passé fuyant, que certains aimeraient enfouir dans les oubliettes de l’histoire, est une belle méditation sur l’importance de l’honneur dû aux morts et son nécessaire corollaire, l’oubli.

Valérie n’est plus ici de Pascal Cervo évoquera des souvenirs émus à tous ceux qui ont été confrontés dans le monde de la culture (ou autre) à des personnalités hystériques et anthropophages qui pressent leurs collaborateurs avant de tirer seuls la couverture à soi pour le travail qu’ils ont accompli. On y suit une galeriste d’art odieuse avec son entourage et en particulier son assistante souffre-douleur bien entendu incapable d’être à la hauteur de l’absente, “Valérie”, mais quand même bien utile pour servir de paillasson.

Toutes les montagnes se ressemblent de Christelle Lheureux et Sébastien Betbeder est une belle oeuvre poétique sur le poids de nos morts, en l’occurrence celui d’un frère pour un jeune homme amoureux de la belle Clémentine Poidatz (révélée par Les amants réguliers de Garrel). Il offre notamment le magnifique plan du fantôme du disparu avançant dans la nuit au flambeau.

La dérive de Philippe Terrier-Hermann commence très plastiquement comme un film bavard des vedettes du nouveau roman (Robbe-Grillet, Duras) puis entraîne ses deux bourgeois parisiens censés réviser leur droit à la suite de deux clochards célestes qui descendent la Loire en radeau. Le film offre de superbes plans sur un monde qui semble déserté, jusqu’aux derniers plans du film sur la Seine à Paris, au petit jour, dans une ambiance de fin du monde.

Le programme 4 sera de nouveau diffusé le jeudi 18 juin à 18 heures. Les films primés par le festival seront diffusés samedi et dimanche à 18 heures et 20 heures.

Festival Côté court de Pantin, du 10 au 20 juin 2009, www.cotecourt.org, Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive 93 500 Pantin, 01 48 46 95 08

Etat des lieux du court à Pantin (3) : faussaires et mensonges

 Maud Alpi dans Nice (Photo)

Il faut croire que l’hypersurveillance à laquelle nous sommes soumis nous a tous rendus un peu faussaires, puisque nos mensonges sont la seule vérité non traçable qui nous reste. Trois films diffusés à Pantin interrogent la dimension prise par le mensonge, aux autres ou à soi, dans la société contemporaine.

Si seulement d’Hélène Abram dresse le portrait d’une jeune chômeuse bordelaise qui s’invente un monde enchanteur pour rassurer sa mère inquiète au téléphone. Les coupures de journaux lui fournissent la trame d’un emploi et d’un amant rêvé jusqu’à ce qu’au bout de la solitude, avant de se transformer définitivement en fantôme, la jeune femme ne finisse par retourner la situation.

Le très beau film Nice de Maud Alpi raconte l’histoire triste d’un adolescent qui ne comprendra jamais pourquoi sa mère ne l’aime pas, sur un air de comédie musicale désenchantée comme nous y a habitué Christophe Honoré dans Les chansons d’amour. C’est la densité de toutes les micro-histoires qui entourent le héros (les amourettes de ses copines, la recherche angoissante d’un colis à La Poste, qui ne s’avère être qu’un catalogue La Redoute, etc.) qui crée la force de ce film attachant, là où la plupart des courts se contentent de raconter leur synopsis.

Enfin, le difficile The passenger d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux part à la recherche du film Zabriskie Point d’Antonioni, à la manière dont le chef-d’oeuvrissime Sans soleil de Chris Marker partait à la recherche de Sueurs froides, en reprenant sa forme de journal épistolaire lu par l’envoûtante Aurore Clément (Apocalypse now Redux, Paris Texas, etc.). La quête du jeune cinéaste, qui espérait clore son film par une rencontre avec le cinéaste italien, s’est achevée à la fin du tournage par la mort d’Antonioni. Où l’on part à la recherche de quelque chose, et l’on finit toujours par tomber sur soi, alors qu’en partant de soi, on peut aussi s’ouvrir aux autres et au monde (les révoltes étudiantes chez Antonioni, le Japon et l’Afrique noire chez Chris Marker).

Le programme 6 sera rediffusé le mercredi 17 juin à 20 heures

Festival Côté court de Pantin, du 10 au 20 juin 2009, www.cotecourt.org, Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive 93 500 Pantin, 01 48 46 95 08

Etat des lieux du court à Pantin (2) : l’oeil anarchiste et rieur de Jonas Mekas

Né en 1922 en Lituanie, le cinéaste avant-gardiste new-yorkais Jonas Mekas fait l’objet d’un bel hommage au festival Côté court. Considéré comme l’inventeur du journal filmé, il est l’auteur avec son frère d’une oeuvre abondante depuis son arrivée aux Etats-Unis en 1949.

Un premier programme présentait cet après-midi des images du quartier de son enfance prises de 1950 à 2003 dans un film intitulé Williamsburg, Brooklyn qui évoque le destin de tous les immigrés d’Europe qui ont fait l’histoire de la grosse pomme depuis l’après-guerre. Happy birthday to John est aussi un hommage tendre mais lucide sur son ami John Lennon, du début de leur amitié dans les années 70 jusqu’à ce jour où la foule qui s’est pressée à Central Park pour lui rendre un dernier hommage. On y voit, en accéléré, la fine fleur du New York branché, Allen Ginsberg, Andy Warhol, Yoko Ono, etc., assister à l’anniversaire du chanteur, alors que la foule fanatique se presse à l’entrée de son domicile. In between est un collage d’images où l’on voit notamment un pathétique Salvador Dali faire le pitre comme le voulait son statut de surréaliste milliardaire à la fin de sa vie.

Le clou du festival était l’inédit Notes on an american film Director at work: Martin Scorsese, ou le making-of non officiel du film Les infiltrés, avec Matt Damon et Leonardo DiCaprio. Jonas Mekas, ami de Scorsese depuis son premier film Who’s that knocking at my door, a été invité par celui-ci à passer deux semaines sur son tournage et à filmer ce qu’il voulait. Ce journal d’un film est aussi celui d’une belle amitié, du cinéaste d’avant-garde pour son ami devenu l’un des cinéastes de studio les plus rentables, tout en conservant sa qualité d’auteur intransigeant sur le contrôle de ses films. On assiste tout d’abord à ce que cache la plupart des making-ofs, à savoir une leçon de cinéma de la part d’un des plus grands formalistes de l’histoire du cinéma : malgré la lourdeur de 93 jours de tournage, qui en dureront finalement 99, une attention constante de Scorsese envers l’ensemble de ses collaborateurs, du ventoûseur (celui qui dans les tournages retient les badauds) au directeur de la photographie Michael Ballhaus et aux stars, un contrôle de toutes les images depuis le combo, et un ajustement millimétrique des mouvements de caméra souvent classiques (travelling, plans fixes, panormiques, etc.). Au milieu de ça, la caméra navigante de Jonas Mekas capte des moments d’une intense poésie, telle remarque admirative de Martin Sheen sur Scorsese ou lorsque le cinéaste explique qu’il garde toujours de petits haltères à proximité du combo pour se muscler afin de pouvoir soulever sa fille de cinq ans…

Festival Côté court de Pantin, du 10 au 20 juin 2009, www.cotecourt.org, Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive 93 500 Pantin, 01 48 46 95 08

Etat des lieux du court à Pantin (1) : solitude, prélude à l’insoumission ou à la quête de l’autre

http://mwave.irq.hu/kepek/filmek/2305/lesvoeux.jpgLa 18e édition du festival de Pantin, outre son hommage au cinéma d’avant-garde new-yorkais (Jonas Mekas, Andy Warhol), comporte une compétition qui donne à voir les préoccupations du jeune cinéma contemporain. Le second programme, qui réunit trois films de jeunes mères et un jeune homme s’excusant de ne pas avoir d’enfant, offre un beau panorama d’invitations à sortir de la solitude.

Le très rohmérien La fenêtre d’Anne-Sophie Rouvillois filme le rapprochement de deux âmes seules, une jeune femme concentrée par l’écriture de son mémoire, et un jeune peintre débordé par les sollicitations.

Cendres de Paul Costes, d’après Olivier Adam, suit l’errance d’un chauffeur de taxi (Bernard Blancan) autour du périphérique parisien. Sa brève rencontre avec une musicienne de jazz japonaise (Naoko Horikawa) croise le deuil de deux paumés enfermés dans la toile d’une ville anthropophage.

Le feu, le sang, les étoiles de Caroline Deruas est attachant et agaçant comme un film de Philippe Garrel, en plus radical. La colère et le narcissisme de la jeunesse dorée du Quartier Latin envers le pouvoir de Nicolas Sarkozy seraient vains s’ils n’étaient soulevés par la grâce d’un échange entre Maurice Garrel et sa petite-fille, souvenirs d’une époque où une génération s’est battue contre les mangeurs d’espoir qu’elle voit revenir à toute allure et en pleine confiance. Mais le doigt du vieil homme montre la lune, et la petite fille regarde bien le ciel, à l’encontre des souffrances “wertheriennes” des derniers héros de Philippe Garrel.

Les voeux de Lucie Borleteau, avec son air de Peau d’âne, prouve que Jacques Demy est la chasse gardée des cinéastes nantais ou de l’ouest (la cinéaste ayant fait ses études à Ciné-sup à Nantes), après Christophe Honoré qui est le principal héritier contemporain du maître du film “en-chanté”. Ce film féérique en costume est le manifeste d’un panthéisme rare dans le cinéma moderne, à l’exception de Lady Chatterley de Pascale Ferran, auquel la jeune cinéaste emprunte l’homme des bois, Jean-Louis Coulloc’h reconverti ici en diable. La sensualité des images et l’originalité de l’univers témoignent de la forte personnalité d’une cinéaste à suivre.

Le programme 2 de la compétition sera de nouveau diffusé le lundi 15 juin à 18 heures et le jeudi 18 juin à 22 heures.
Festival Côté court de Pantin, du 10 au 20 juin 2009, www.cotecourt.org, Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive 93 500 Pantin, 01 48 46 95 08

Les beaux gosses: Traité de survie à l’âge du pire

 Alice Tremolières, Vincent Lacoste, Riad Sattouf dans Les Beaux gosses (Photo)L’adolescence est sans doute l’âge égalitaire pour les garçons qui ont la chance de partager en cette période, pour la plupart, un pull moche, une coupe mulet, un appareil dentaire et une acné explosives. Les beaux gosses de Riad Sattouf facilitera la réminiscence des souvenirs les plus délicats de ceux qui ont passé le cap, et émouvra sans doute ceux qui ont la chance d’entrer de manière éruptive (comme dirait Montaigne, par tous les orifices) dans l’âge bête.

Nos collégiens vedettes, Hervé et son ami Kamel, se demandent comment passer aux choses sérieuses avec les demoiselles de leur collège rennais. Après quelques rateaux, le premier a la chance d’attirer la belle Aurore qui sait heureusement prendre les devants, sans quoi il est difficile de savoir ce qu’aurait pu devenir notre grand dadet écrasé par une mère castratrice (l’étonnante Noémie Lvovsky dont le talent comique est évident dans des rôles qui ne se limitent pas à l’hystérie).

Le talent de l’auteur de l’auteur de bande-dessinée consiste à créer un fil sentimental entre toutes les scénettes qui pourraient être autant de court-métrages. Le vilain petit canard apprend à devenir désirable, car Riad Sattouf semble conseiller aux laids de ne pas trop aller contre leur nature, à l’autiste de faire du théâtre, l’efféminé d’accepter qu’il aime les garçons, le métalleux de passer au post-punk et à tous nos jeunes héros d’accepter d’être des passagers du XXIe siècle.

Antichrist : Lars von Trier est-il le plus grand cinéaste du monde ?

 Charlotte Gainsbourg, Willem Dafoe, Lars von Trier dans Antichrist (Photo) Parmi les quatre grands cinéastes internationaux révélés dans les années 80 et toujours en activité, il est facile de reconnaître les héritiers d’Emir Kusturica chaque fois qu’une fanfare tsigane se profile à l’horizon, les héritiers de David Lynch dès que le bizarre (nain, insectes, schizophrénie, etc.) s’empare de l’écran, les héritiers de Pedro Almodovar amateurs de couleurs vives et d’amours saphiques, mais il est bien difficile, à part peut-être dans les galeries d’art, de trouver des héritiers du Danois Lars von Trier.

L’homme qui prend un malin plaisir à se faire haïr a une fois de plus réussi son coup avec son éprouvant Antichrist, justement récompensé du Prix d’interprétation féminine pour Charlotte Gainsbourg. Pendant la conférence de presse, il est apparu fébrile, apparemment en raison d’une sévère dépression qu’il se traîne depuis trois ans, mais qui ne l’a pas empêché d’affirmer qu’il était le plus grand cinéaste vivant.

Si les grands cinéastes sont ceux qui participent le plus au renouvellement de l’imaginaire de leur époque, nul doute que Lars von Trier est un très grand, avec ces images si violentes et si fortes de l’amour passion et du sacrifice d’une femme prête à tout pour sauver son homme à une époque dite individualiste (Breaking the waves), d’une femme ayant perdu, déjà à l’époque, son bébé, et qui cherche son idiot intérieur pour oublier sa peine (Les idiots), de Nicole Kidman martyrisée par un village dont elle allait devenir le bourreau (Dogville), ou ici d’une Charlotte Gainsbourg extraordinaire, qui après avoir perdu son enfant fera tout pour ne pas perdre son homme. Une image injuste certes, mais juste une image.