Looking for Eric : du plaisir de casser du mafieux dans les films de Ken Loach

 Eric Cantona, Steve Evets, Ken Loach dans Looking for Eric (Photo) Si, comme dit Ken Loach, le football est le seul endroit où l’on a le droit d’être nationaliste, le cinéma est aussi le seul endroit où l’on a le droit de prendre plaisir à voir quelqu’un souffrir, et ce plaisir décuple lorsqu’il concerne le mal incarné. En l’occurrence, le mal incarné dans Looking for Eric, c’est un horrible mafieux de Manchester qui terrorise le fils d’Eric (Steve Evets), petit postier cinquagénaire qui manque de se suicider le jour où il revoit sa femme qu’il a abandonnée il y a longtemps avec leur fille. Il se tourne alors une fois de plus vers celui celui qui lui offre parfois une stature de héros, Eric Cantona, et l’ange gardien répond.

Il est finalement meilleur entraîneur qu’acteur le Cantona, dieu du football en Angleterre, toujours incompris, mal aimé et finalement méconnu en France, entre la génération de Platini et Zidane, et pourtant si français avec son accent marseillais, ses paraboles pascalo-montaigniennes sur la vie (“la meilleure vengeance, c’est le pardon”) et l’alliance au doigt qui le lie à son épouse, la grande comédienne Rachida Brakni.

Il faudra essayer de comprendre comment Ken Loach réussit à mettre autant d’intensité dans la vengeance d’un prolétaire qui tuait accidentellement un mafieux dans Raining Stone, celle de Peter Mullan qui cognait des petites frappes à coups de battes de base-ball dans My name is Joe, ou ici les copains du petit postier, qui saccagent la maison et terrorisent une petite frappe qui ne l’a pas volée. Cinéma marxiste bien sûr, bons sentiments souvent, image un peu fade parfois, mais la colère, la colère et la joie.

United red army de Wakamatsu/Le ruban blanc de Haneke : puritanisme et fachisme

 Kôji Wakamatsu dans United Red Army (Photo) L’attribution de la Palme d’or au film Le ruban blanc de Michael Haneke hier soir sera l’occasion de débattre dans quelques mois, lors de la sortie du film en France, des liens entre une éducation répressive et puritaine, en l’occurrence dans l’Allemagne de 1914, et une appétence des peuples pour le fascisme. Le cinéaste autrichien confiait cette semaine à Libération qu’il estimait que cette éducation avait autant favorisé la naissance du nazisme, que du “fascisme de gauche” dans les années 70, ou de ce qu’il appelle le “fascisme musulman” aujourd’hui : “à cause de toutes leurs frustrations, de toutes leurs souffrances, les gens deviennent disponibles à une solution radicale. Ces enfants se prennent pour la main droite de Dieu : ils se croient plus justes que ceux qui leur ont donné l’idée de justice”.

United red army de Wakamatsu boucle la série de films réalisés depuis quelques années par des cinéastes de gauche sur les mouvements d’extrême gauche radicaux des années 70 ayant émergé dans les trois pays qui ont volontairement adhéré au fascisme dans les années 30, l’Allemagne, l’Italie et le Japon. Arrivederci ciao amore et Romanzo Criminale présentaient les Brigades rouges italiennes comme des opportunistes plus ou moins manipulés par le grand banditisme et les mouvements d’extrême droite. La Bande à Baader faisait le portrait d’une Allemagne où le refoulement du passé nazi donnait naissance à une situation explosive d’où émergeaient les mouvements d’extrême gauche.Les deux Che de Sodebergh montraient l’impossibilité pour une révolution de réussir sans renoncer à ses idéaux. United red Army dresse le portrait de la Fraction Armée Rouge japonaise, en s’intéressant particulièrement à l’hiver 1972 au cours duquel son noyau central extermina 14 de ses membres, au milieu des montagnes, pour déviance anti-révolutionnaire.

Le film de Wakamatsu est insoutenable lorsqu’il s’attarde sur la manière dont les deux leaders, Mori et Nagata, condamnent leurs collègues pour des détails futiles : une militante met du rouge à lèvre, une jeune maman s’approprie son bébé (la propriété est anti-révolutionnaire), un fondateur du mouvement a éraflé un fusil en le nettoyant, etc. L’autosuicide du mouvement est filmé de manière méthodique, les révolutionnaires se perdant dans de puérils discours sur la véritable doctrine plutôt que de passer à l’action. Lorsque les derniers membres du groupe prennent une aubergiste en otage pour se défendre, le plus jeune estime qu’aucun d’entre eux n’a finalement fait preuve de véritable courage. La musique du guitariste de Sonic Youth ajoute au film un air d’irréalité, jusqu’au générique où le cinéaste revient sur le parcours de la FAR japonaise jusqu’à nos jours, avant de conclure sur l’immolation récente d’un membre du mouvement pour protester contre l’occupation de la Palestine par Israël.

Ce retour tardif du politique dans le film révèle bien la volonté du cinéaste Wakamatsu, comme des autres cinéastes qui se sont intéressés à ces mouvements, de présenter ce qui serait le “bon” militantisme, contre le militantisme dévoyé des mouvements terroristes. La condamnation du puritanisme de ces mouvements est finalement une invitation à une modestie du militantisme, et à une réponse du politique moins répressive des problèmes de son temps.

Etreintes brisées d’Almodovar : combien de vies par personne ?

 Penélope Cruz, Pedro Almodóvar dans Etreintes brisées (Photo)On se souviendra sans doute d’Almodovar comme le cinéaste qui a fait imploser la notion d’identité à la charnière du XXe et du XXIe siècle, celui à partir duquel le fait d’affirmer une identité sexuelle ou sentimentale sera toujours empreint de doute. Et c’est bien entendu une nouvelle fois aux actrices que sont offerts les plus beaux rôles de ce ballet du mensonge, en particulier à Penelope Cruz, dont nul n’a mieux que lui filmé la transition de la vamp à la femme mûre dans Volver ou ici.

Etreintes brisées est l’histoire d’un ancien cinéaste devenu aveugle, qui se rappelle avoir passionnément aimé la compagne de son producteur, une aspirante actrice qui apprend l’amour dans ses bras après avoir été prête à tout pour réussir. Mais elle redoute que son compagnon ne cesse de financer le film et continue à se donner à lui, quitte à se rendre malade après leurs étreintes, et à supporter tous les coups et humiliations jusqu’à ce qu’elle décide de s’enfuir aux Baléares avec le cinéaste. Le producteur prépare alors sa vengeance depuis Madrid.

Quand certains journalistes ironisent sur le prétendu manque d’inspiration du cinéaste madrilène, Almodovar réussit une superbe méditation sur le rôle du cinéma comme trace des étreintes brisées ou fantasmées et le devoir de finir coûte que coûte un film. Qui mieux que lui filme aujourd’hui un couple en train de faire l’amour, en se contentant d’un travelling sur le dos d’un canapé dont émerge un pied aux ongles vernis, ou de deux corps recouverts par des draps comme un linceul ?

Mais surtout, Almodovar filme le bilan de notre éducation sentimentale, de la voix de Jeanne Moreau dans Ascenseur pour l’échafaud, de la reprise d’une scène de Femmes au bord de la crise de nerfs, qui assura la consacréation du cinéaste, jusqu’aux deux mains du cinéaste aveugle qui parcourent l’écran sur lequel apparait, en gros grain, le dernier baiser des amants. “La vie, la vie” disait la femme ressuscitée d’Ordet de Dreyer. Etreintes brisées fait peut-être partie des films qui donnent une interprétation laïque de la résurrection.

Vengeance de Johnnie To : la profondeur d’un visage humain

 Johnny Hallyday, Johnnie To dans Vengeance (Photo)Qu’on le veuille ou non, ce visage est aussi représentatif de la France depuis cinquante ans que Brigitte Bardot et les films de Truffaut. Vengeance est donc devenu un hommage à Johnny Halliday alors que Johnnie To voulait initialement rendre hommage à Melville en filmant Delon (qui a décliné la proposition) dans un rôle qui parodie le Jeff Costello du Samouraï. Le film n’égale pas les chorégraphies hallucinantes de The mission et L’exilé qui sont devenues la marque du maître hong-kongais du gunfight lyrique, mais il est tout entier dévoué au visage taillé à la cerpe par les mystères et les douleurs du chanteur français.

L’histoire commence presque là où s’achevait The mission, qui a révélé Johnnie To au public international en 1999 : des hommes de main descendent la femme de leur patron (la mégastar hong-kongaise Simon Yam, qui est de presque tous les films de Johnnie To) et de son amant sous les yeux d’un Français égaré à Macau pour venger sa fille. Amnésique et étranger, il paie ces hommes pour l’aider à trouver son chemin jusqu’aux tueurs.

Les pertes de mémoire de Costello, dues à une balle logée dans son crâne, concentrent toutes les histoires d’amnésie offertes par le cinéma depuis quelques années, de la trilogie Jason Bourne avec Matt Damon à Memento. Il faudra s’interroger un jour sur les raisons du succès des histoires d’amnésie dans le monde postérieur à la chute de Berlin (la mémoire est-elle pleine ?), mais l’amnésie de Costello offre aussi une belle méditation sur le sentiment d’étrangeté, ou d’être étranger au monde : “I’m a total stranger here” explique le Français aux tueurs qu’il engage. C’est bien le terme de la même éthymologie que “strange” (étrange), signifiant aussi “inconnu”, qui est utilisé dans le script, au lieu de “foreigner”, qui désigne proprement en anglais la personne venant d’un autre pays.

Vengeance de Johnnie To double la méditation du Samouraï sur le code d’honneur des hommes qui vont mourir et leur détachement du monde, du voyage d’un homme qui vient se venger puis s’invente une famille pour combler ses trous de mémoire. C’est aussi ça la puissance du cinéma, redonner vie à un visage qui semblait mort depuis longtemps.

La femme sans tête : culpabilité et amnésie de l’occident

 Claudia Cantero, Maria Onetto, Lucrecia Martel dans La Femme sans tête (Photo) Lucrecia Martel filme une Argentine dans laquelle les descendants des conquistadors sont servis par les descendants des Indiens condamnés aux petits emplois pour survivre. C’est d’ailleurs un jeune Indien qu’une dentiste bourgeoise de Buenos Aires, Veronica (Maria Onetto, photo), pense avoir écrasé avec sa voiture, avant de s’enfuir lâchement. Mais le remords la hante, avant que les traces de cet accident ne s’effacent peu à peu comme dans Blow out d’Antonioni.

Le cinéaste italien, qui n’avait pas caché son admiration pour le fascisme pendant la guerre, en était ressorti avec un profond dégoût pour la réalité et le langage que ses personnages, surtout Monica Vitti (L’Avventura, La nuit, L’éclipse, Le désert rouge, etc.) ne cessaient de fuir. Lucrecia Martel, marquée par les années de dictature de son pays, raconte un monde dans lequel la classe dirigeante fuit ses responsabilités pour mieux se réfugier dans l’irréalité.

La femme sans tête est un film déroutant à l’esthétique difficile par sa volonté de décadrer les personnages pour mieux priver de tête le corps de son héroïne. Veronica éprouve des maux de tête douloureux qui permettent de penser qu’elle n’a peut-être tué qu’un chien sur cette route de campagne. Le talent de la cinéaste consiste à ne pas condamner son personnage a priori, et à lui offrir un échappatoire sans moraliser son parcours.

Millenium tango

 Noomi Rapace, Niels Arden Oplev dans Millénium, le film (Photo)C’est l’un des polars les mieux troussés des dernières années, dont l’énorme succès de librairie s’explique sans doute par le talent avec lequel son auteur, Stieg Larrson, mêlait de nombreuses préoccupations contemporaines dans sa trilogie du même nom : meurtres rituels de femmes, théorie du complot, passé nazi, paradis fiscaux, etc.

C’est aujourd’hui un film de Niels Arden Oplev, qui n’ajoutera sans doute rien au genre du thriller, mais qui a le mérite de donner corps aux deux personnages qui traversent le film en tango, Mikael Blomkvist le journaliste chargé d’enquêter sur la disparition de la nièce d’un grand industriel suédois quarante ans plus tôt, et Lisbeth Salander, la fouineuse au lourd passé qui se mêle de ce qui ne la regarde pas.

Les amoureux de la Suède auront à peine le temps de voir le bout de Stockholm et des îles du littoral car l’histoire s’enfonce dans les plus obscurs recoins de l’histoire du pays : passé nazi des grands industriels, haine des femmes (d’où le titre Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, ou pour les polyglottes Män som hatar kvinnor) dans les milieux ultraconservateurs, manipulation de la presse par les grands groupes économiques, etc. Face à tout cela ? Ce curieux personnage féminin, lesbienne gothique autiste surdouée surgie de nulle part, qui faisait véritablement l’originalité de la trilogie, et donne curieusement des envies de suite.

Je l’aimais : à nos lâchetés

 Marie-Josée Croze, Zabou Breitman dans Je l'aimais (Photo)

S’il n’y avait qu’une image, alors ce serait celle où Daniel Auteuil regarde les convives d’un restaurant contempler la femme qu’il aime (Marie-José Croze) traverser la salle enrobée dans une robe rouge velour qui épouse parfaitement ses formes. Seulement voilà, il n’a jamais osé quitter sa petite entreprise familiale, ses adolescents rebelles et sa femme aimante. Il raconte ses souvenirs pour la première fois peut-être, un peu pour revivre ces baisers volés, un peu pour consoler sa belle-fille (Florence Loiret Caille) qui vient de se faire plaquer.

Les amants se sont rencontrés il y a longtemps à Hong Kong, où l’entrepreneur joue son va-tout face à des clients chaleureux, mais qui mettent brutalement fin à l’entretien car ils ne veulent pas faire affaire à un Français en train de tomber amoureux. Ce monde de la petite entreprise familiale cher à Claude Sautet (Yves Montant dans César et Rosalie et Vincent, François, Paul et les autres) est éclairé avec tendresse et pudeur, loin des clichés qui encombrent trop souvent cet univers méprisé par le cinéma français, où l’entrepreneur est trop souvent suspect.

On pense à Wong Kar Wai bien sûr, car Zabou Breitman rend un joli hommage à In the mood for love, mais la cinéaste forme peu à peu une oeuvre sensible et attachante, dont le titre du premier film, Se souvenir des belles choses, semblait programmatique. Elle a le sens des mains et des lèvres qui se cherchent. Heureux ceux qui se souviennent, ils n’ont pas tout perdu. Au petit matin, Florence Loiret Caille voit un monde de possibles se lever. Encore plus heureux ceux qui saisissent les perches tendues par la vie.

Star Trek : à quoi sert un voyage dans le temps ?

 Chris Pine, Zoe Saldana, J.J. Abrams dans Star Trek (Photo)J.J. Abrams a gardé de la série Lost qu’il a inventée l’art du mystère et de la diversité pour ce Star Trek new look dans lequel Spock, mi-vulcain, mi-humain, est entouré d’un white trash de l’Iowa, Chris Pine, d’une jolie noire, Zoe Saldana (photo), révélée dans l’un des plus beaux films de Spielberg, Le Terminal, d’un Russe surdoué, d’un sino-américain brillant, etc.

Soit un blanc-bec qui rejoint le vaisseau Enterprise pour venger son père, qui s’est sacrifié pour sauver les siens, dont ce fils, en dirigeant son vaisseau contre un Dark Vador tatoué (Eric Bana, l’agent vengeur du Mossad dans Munich). Le jeune homme fougueux et tête brûlée s’oppose à la raison froide de Spock, et leur opposition ne pourra être levée que par un voyage dans le temps de Spock, des siècles après l’histoire, venant secourir son vieil (ou jeune) ami.

La science-fiction nous permet souvent depuis Jules Verne de voyager dans le temps, et même depuis La Jetée de Chris Marker de changer le passé. Alors c’est tout naturellement l’acteur clé de la saga, Leonard Nimoy, interprète de Spock depuis les années 60, qui reprend le flambeau de son rôle pour un beau message sur l’amitié et la complémentarité.Tous ces beaux sentiments tourneraient en rond si l’histoire n’était baignée d’une noirceur inédite sur l’avenir de la Terre. Le passage terrifiant où la planète Vulcain est aspirée de l’intérieur par un trou noir rappelle que notre planète ne sera pas le sanctuaire éternel de l’humanité, qui ne cesse de s’inventer un avenir pour trouver une solution à cette échéance.

Sélection de Les moissons au Festival Côté Court de Pantin

Barking Dogs et Cinéma dans la Lune sont très fiers de vous annoncer la sélection du film Les moissons de Mathieu Tuffreau (durée : 25 minutes) dans la section Panorama du Festival Côté Court à Pantin.

Les moissons est un western breton dans lequel le shérif est une jeune Kabyle… Leïla Feraoun, une jeune ingénieure en stage chez un agriculteur breton, découvre que celui-ci est accusé de la mort d’un jeune homme dont le corps a été retrouvé sur sa propriété…
Le film ouvrira un programme de cinq court-métrages qui seront projetés le jeudi 11 juin à 18 heures et le samedi 13 juin à 20 heures au Ciné 104 de Pantin (Ligne 5, métro Eglise de Pantin).

Au plaisir de vous retrouver à l’une ou l’autre de ces séances.

Soeur sourire : l’importance d’une ritournelle

Soeur Sourire - Cécile de France

Bien sûr, c’est du cinéma de papa et le biopic est un genre anti-cinématographique (Soeur sourire n’échappe pas au triptyque convenu misère/succès/rédemption), mais il y a cette ritournelle chantée par une nonne, vendue à 3 millions d’exemplaires en son temps, au sous-texte hallucinant (“Dominique nique, nique…”), et l’une des plus grandes interprètes francophones, Mademoiselle Cécile de France.

Soit l’histoire de cette Jeaninne Deckers, fille de boulangers belges qui entre aux couvents après une période de doute existentiel. Le passage chez les bonnes soeurs nous rappelle que l’occident chrétien, toujours prêt à donner des leçons au monde entier, est sorti du Moyen-âge il y a à peine cinquante ans.

Mais la Jeanine s’ennuie autant qu’un moine dans une célèbre bande-dessinée de Reiser et se met à la chanson. La télévision catholique passe par là, la chanson devient un tube, la nonne sort du couvent, assume son corps et son amour des femmes, jusqu’à sa tragique fin.

Tout cela serait bien triste et sage au regard des critères de 2009 s’il n’y avait cette gaillarde Cécile de France qui donne une nouvelle leçon d’éclat (Ah, la Belgique !), qu’elle chante Be Bop a Lula, qu’elle s’entraîne à sourire ou qu’elle remercie Dieu pour l’invention de la pilule. On sait l’importance émotionnelle que chacun attache à une ritournelle, et Dominique accompagne le souvenir de mes nuits lyonnaises dans un bar de la presqu’île, qui fait partie des quelques lieux où j’ai eu l’impression, comme pendant un tournage, de vivre dans une société sans classes sociales. Alors merci ma Soeur, gardez la pêche et à bientôt.