Cinéma dans la lune

De rouille et d’os de Jacques Audiard : histoire d’os

Posted by Mathieu Tuffreau on May 17, 2012
De rouille et d'os : photo

Que reste-t-il à vivre aux machines désirantes amputées des jambes ou des sentiments ? Deux nouvelles violentes de Craig Davidson, Un goût de rouille et d’os qui donne son nom au recueil et La Fusée, adaptées par Jacques Audiard qui poursuit son voyage dans la France contemporaine aux airs de cinéma américain des années 70.

On y suit la vadrouille d’Ali (Matthias Schoenaerts, bête de muscle belge révélée par Bullhead) à Nice avec son fils. Hébergé par sa soeur (Corinne Maserio, qui illuminait Louise Wimmer), il protège, dans son activité de videur de boîte de nuit, Marie (Marion Cotillard), qui sera bientôt amputée des jambes par un orque dont elle s’occupe dans un Marineland. Les deux paumés s’accrochent l’un à l’autre pour remonter la pente.

Jacques Audiard reprend son souffle après l’époustouflant Prophète avec ce croisement de deux nouvelles ultra-violentes transformées en une histoire d’amour politique et sociale, où les prolétaires en sont réduits à s’entretuer pour survivre (le héros place une caméra de surveillance du personnel dans le supermarché où travaille sa soeur). Le cinéaste préfère les parcours scorsesiens d’hubris et de rédemption à la tragédie qui clôt les nouvelles de Craig Davidson. La geste de Tahar Rahim dans Un prophète ouvrait de nouveaux territoires au cinéma français. De rouille et d’os ressemble à une pause inquiète et expérimentale entre deux ouragans.

“Il y a vingt-sept os dans la main humaine. Entre autres, le lunatum, le capitatum et le naviculaire, le scaphoïde et le triquétrum, ou bien encore les minuscules pisiformes cornus de la face extérieure du poignet. ils ont beau être tous différents dans leur forme comme dans leur densité, ils sont tous bien alignés, leurs contours sont parfaitement ajustés et ils sont reliés par un réseau de ligaments qui courent sous la peau. (…)

Cassez-vous un bras ou une jambe, et l’os s’en va s’envelopper de calcium en se ressoudant, si bien qu’il sera plus solide qu’avant. Mais cassez-vous un os de la main, et cela ne guérit jamais correctement.” Craig Davidson


DE ROUILLE ET D’OS : BANDE-ANNONCE Full HD de… par baryla

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17May

Filmer L’or de leurs corps à Rosny-sous-Bois (28) : S’agite et se pavane

Posted by Mathieu Tuffreau on May 12, 2012

Tout film se rêvant à la fois voyage mélancolique et salve d’avenir, il était naturel de boucler la boucle avec Fabien Leca avec lequel j’ai fait mes premières armes cinématographiques il y a dix ans sous un climat bien rude et dans une ambiance électrique (“elle avait des rêves pour chacun d’entre vous pour dix ans” délirait Nicolas Gabion, ce grand acteur tragique).

La dernière partie de l’intrigue me posait problème depuis le début de l’année lorsque Yoann avait remarqué fort justement qu’un kidnapping dans une cité de la banlieue parisienne était un peu cliché (euphémisme). Je ne voyais pas comment mettre en scène la fin du film jusqu’à ce que les intégristes venus interrompre le spectacle de Romeo Castellucci m’offrent la matière à mon personnage qui rêve d’immaculée conception et hurle à la lune au “problème de l’immigration” tout en dégainant son avocat dès lors qu’on le traite de raciste. Il n’a pas fallu beaucoup pousser les jeunes filles pour qu’elles s’énervent devant la violence et la laideur humaine de mon personnage. Quel malheur de devoir choisir d’attendre quelque temps avant de montrer une aussi belle scène qui ne pourra figurer dans la version courte du film.

Nous avons pris un verre par la suite avec Fabien et mon frère qui m’a proposé de jouer un autre type de monstre, preuve que je dois me trouver dans une période d’intense création artistique. Nous nous sommes souvenus d’avoir vu il y a quelques mois Les sept samouraïs dans une salle pleine à craquer où les gens riaient comme des enfants aux plaisanteries de Toshiro Mifune, et puis étaient graves devant une intrigue profonde, politique et poétique, dans un monde déserté par les dieux comme chez Shakespeare, et des images belles comme les estampes qu’admirait tellement Vincent Van Gogh. Il aurait fallu en saluer beaucoup d’autres, mais il n’y avait pas assez de Cognac, alors nous avons bu à la mémoire d’Akira Kurosawa.

Sept samourais Trailer par aikidorosheim

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12May

Dark Shadows de Tim Burton : Filme ton monstre, bébé

Posted by Mathieu Tuffreau on May 10, 2012
Dark Shadows : photo Johnny Depp, Tim Burton

Plutôt que d’enseigner dans les écoles de cinéma à filmer son nombril où l’on ne trouve souvent que des noeuds, peut-être un jour se souviendra-t-on que Tim Burton filmait son monstre, son idiot intérieur, et qu’il nous a offert ce faisant la plus belle galerie d’horreur de son époque.

Sur un scénario franchement bis (un vampire enterré au XVIIIe siècle réapparaît et décide de venger sa famille américaine d’une méchante sorcière d’origine française) aux dialogues ciselés (“Croyez-vous en l’égalité entre les hommes et les femmes ? Non, les hommes deviendraient incontrôlables”), le maître de l’horreur grand-guignol nous offre une idée de mise en scène par plan (un panneau pour une entreprise de fast-food devenant l’emblème de Lucifer, un rapport sexuel qui vire à la bataille d’arts martiaux, un costume-porcelaine pour Eva Green…) dans l’image velours-aquarium de Bruno Delbonnel, chef-opérateur d’Amélie Poulain qui sied parfaitement au plus gothique des cinéastes.

Ce cinéma fait la part belle aux seconds rôles (Michelle Pfeiffer en mère de famille déchue, Chloe Moretz de 500 jours ensemble et Hugo Cabret en adolescente fan d’Iggy Pop et d’Alice Cooper dont le vampire pense qu’elle est “la femme la plus laide qu’il ait jamais vue”). Le scénario de série télévision est détourné afin de poursuivre l’éloge des monstres qui illuminait le meilleur film de Tim Burton, Edward aux mains d’argent. Mords, bébé, mords, soulève ton monstre. A te regarder, ils s’habitueront.

La bande-annonce VOST de “Dark Shadows” de Tim… par puremedias

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10May

Filmer L’or de leurs corps à Rosny-sous-Bois (27) : cinéma pleine lune (2)

Posted by Mathieu Tuffreau on May 6, 2012

Un kidnapping et une tentative de résurrection plus tard, nous avons tourné dans la belle maison hitchcockienne d’Arnauld Ménager qui nous a gentiment accueillis à Montreuil.

La scène clôt le tournage de la version courte de L’or de leurs corps, d’environ 40 minutes qui sera projetée le 8 juin au Festival Côté Court de Pantin. Il est encore difficile de savoir ce qui manque pour parvenir éventuellement à une version longue tant les scènes ont été tournées dans le désordre. Il reste une énergie commune à toutes les scènes qui, de Michel Berga de Radio France depuis le PC routier de Rosny, jusqu’à l’adagio des rêves de la dernière scène du film au bord du canal de l’Ourcq à Sevran, en passant par les nombreuses scènes de cours, de récréation et de rue qui alternent notre part de violence et de sacré, font l’unité d’un film.

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6May

Filmer Cosi fan tutte aux Pavillons-sous-Bois (22) : cinéma pleine lune

Posted by Mathieu Tuffreau on May 6, 2012

Un mariage sous le riz pour nos héros, une déclaration d’amour enflammée et c’est le clap de fin pour Lorenzo da Ponte et Mozart qui nous ont tant amusés.

Il en fallait de la joie pour fédérer ces jeunes gens brillamment portés par leur enseignante Joëlle Dinot-Smadja. Nous sommes parvenus à un ovni cinématographique, où les élèves chantent en play-back Mozart comme dans On connaît la chanson, lisent Frantz Fanon plutôt que Platon et mettent en bouche le langage salace de Lorenzo da Ponte sur le désir de l’autre. Il faudra accepter de passer outre les quelques défauts techniques pour s’amuser de la vanité masculine et des délires de pureté. Tout cela devrait tenir en 25 minutes de film pour une première le 12 juin au Festival Côté court de Pantin.

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6May

Filmer L’or de leurs corps à Rosny-sous-Bois (25) : Heureux qui comme Ulysse

Posted by Mathieu Tuffreau on May 2, 2012

Les tournages ne se passent pas toujours mal, et au gré d’un temps climat, du talent d’un chef-opérateur (Jean-Baptiste Gerthoffert), d’une comédienne (Emily) qui a quelque chose de la jeune Sandrine Bonnaire, de l’appui technique d’Arnauld Ménager et de la générosité du Président du Club Ourcq Can’Ohé Club Sevranais, Pascal Mauny, on réussit à boucler la dernière scène du film (qui n’est pas la dernière du tournage) en deux heures.

Bien sûr, j’ai oublié deux ou trois plans mineurs qui m’amèneront à retourner avec joie sur les lieux en espérant des conditions climatiques similaires pour des questions de raccord, mais il est difficile de garder toute sa tête en étant réalisateur, producteur, régisseur, son propre assistant, celui du chef-opérateur, acteur, chauffeur, photographe de plateau, porteur de café, etc.

Pour le coup, le photographe de plateau s’est trompé d’ambiance, mais qu’importe, le plan le plus difficile du film, et aussi le dernier d’icelui, est dans la boîte. Comme disait Abdellatif Kechiche en recevant son premier César, “douleur et joie jusqu’à la fin de l’existence. Lorsque la joie est là, savoure”. Je savoure.

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2May

Filmer L’or de leurs corps à Rosny-sous-Bois (24) : le baiser et l’effet K

Posted by Mathieu Tuffreau on April 30, 2012

Il est plus difficile que je ne le pensais de filmer dans l’enceinte du collège en dehors des heures imparties car les bouffeurs d’espoir rôdent et ont trop d’intérêt à saboter le projet pour mieux se convaincre de demeurer dans leur médiocrité.

J’ai dû sortir des vieilles ruses de sioux et un effet presque aussi vieux que le cinéma en tant qu’art, effet K ou Koulechov du nom de son inventeur russe, qui consista en 1921 à superposer un plan sur le visage d’un acteur au plan d’une assiette de soupe, d’un cercueil et d’une petite fille, ce qui donnait le sentiment que l’acteur exprimait talentueusement, selon les cas, la faim, la tendresse et le chagrin. Nous pourrions aisément refaire l’expérience avec la photo ci-dessus : le sens de ce plan différerait selon qu’elles parlent à un beau jeune homme, un policier ou leur père. Le résultat de l’expérience signifiait que le montage était le langage du cinéma, l’image et le son étant les matériaux du montage qui donne l’espace et le temps du film.

J’ai renouvelé l’expérience en filmant deux jeunes gens fort occupés à s’emboucher au milieu de la cour (le plan le plus émouvant du film, dont je rêvais depuis le début), en montant l’image avec un plan de notre héroïne pris plusieurs heures plus tard dans la cour et regardant dans leur direction, soupirant, dépitée d’avoir des dons de prophète puisqu’elle préférerait comme l’actrice sortir avec son petit ami plutôt que de tourner une histoire bizarre devant la caméra pour un cinéaste mal peigné.

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30Apr

Avengers de Joss Whedon : les Américains croient-ils en leurs mythes ?

Posted by Mathieu Tuffreau on April 28, 2012
Avengers : photo

C’est un immense plaisir de voir le très grand comédien Mark Ruffalo endosser l’un des plus beaux rôles de la mythologie des superhéros américains, l’incroyable Hulk, et puis Scarlett Johansson porte une combinaison qui la dénude plus qu’elle ne la vêt, Gwyneth Paltrow rabat le clapet de son homme, Robert Downey Jr est en forme en Iron Man à l’humour et au charme proche qui en fait le meilleur héritier de Sean Connery, et tout cela est porté par l’intelligent créateur de la série Buffy contre les vampires.

Les scènes d’exposition devraient être interdites aux plus de 15 ans tant elles semblent écrites pour les geeks. Il y est vaguement question d’une source d’énergie capitale volée par un peuple extra-terrestre pour envahir la terre et retirer la liberté aux humains. Qu’il était beau le temps où un résistant Hongrois se demandait pourquoi Humphrey Bogart en voulait à sa femme avant, en un geste héroïque, de reconquérir son coeur, de rendre sa dignité à la France et de devenir Américain (“Ask your wife. My wife ?” “Im Vaterland, im Vaterland…” “Play la Marseillaise. Play it” “Allons enfants de la…”). Avengers n’a pas la noirceur des Batman de Nolan, et le scénario n’évite pas les élans patriotiques pompeux (“Captain America saved my life”) et les raccourcis historiques au tractopelle.

Qu’importe, la série qui réunit les plus célèbres héros de Marvel (Hulk, Iron Man, Captain America, Natasha Romanoff, Thor) est un prétexte à de superbes joutes verbales entre superhéros un brin vintages avec leurs hardes dignes du théâtre élisabéthain ou de l’imaginaire de l’époque de La fureur de vivre. Fureur de l’incroyable homme vert qui porte en lui Jekyll et Hyde pour sauver New York pris dans les cendres aux allures de 11 septembre et donc le monde bien sûr, avant face à ses exploits de se débarrasser d’un autre superhéros d’un coup de poing rageur pour porter seul les lauriers. America, America, le mythe le plus puissant de notre époque qui tient par son panache et son humour.

Avengers : photo Mark Ruffalo


The Avengers – Trailer #3 [VOST-HD] par Eklecty-City

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28Apr

Filmer L’or de leurs corps à Rosny-sous-Bois (23) : la possibilité d’un long

Posted by Mathieu Tuffreau on April 27, 2012

Il y a un moment comme ça dans la vie où vous êtes parti pour tourner un court-métrage et vous vous rendez compte que de séquence en séquence, vous avez la possibilité d’un long entre les mains, même si la fin de l’année est proche, que les maladies, les stages et les amours printanières menacent l’édifice, alors sans doute faut-il serrer sa chance et puis zou Galinette on continue.

Il y a grosso modo trois méthodes pour passer d’un schéma de film court à un long-métrage en cours de tournage :

- la méthode godardienne, très utilisée par le cinéaste durant les années 60 où il tournait parfois deux ou trois films par an, bâtis sur des scénarios qui tenaient sur quelques feuilles, et consistant à filmer des scènes poétiques qui résonnent avec le ton du film sans avoir nécessairement de lien avec la narration. Voir notamment Pierrot le fou pour une application légère et Deux ou trois choses que je sais d’elle pour une application radicale.

- la méthode antonionienne : étirer les plans sur une intrigue mince en privilégiant l’élégance du cadre et des mouvements de caméra, ainsi que la beauté des acteurs.Voir L’éclipse pour la beauté de Monica Vitti et d’Alain Delon, et l’ambiance de fin du monde sur fond de crash boursier qui n’est pas sans rappeler le monde dans lequel nous vivons, et La nuit pour la beauté de Jeanne Moreau, Marcello Mastroianni et Monica Vitti, et la décadence de la bourgeoisie occidentale.

- la méthode Noé : filmer des plans séquences angoissants dont les défauts sont masqués par la musique, le montage et les cris (“je vais te faire mal, je te dis que je vais te faire mal”, etc.). Voir Irréversible.

- la méthode Wenders : écrire au cours du tournage des scènes non prévues au scénario, mais qui s’imposent à la lumière du jeu des acteurs et de la chance du tournage. Voir Paris, Texas, où le scénariste vient en aide au cinéaste en panne, en écrivant à l’arrache la scène devenue mythique du strip-tease.

Alors me voilà avec une combinaison de méthodes éprouvées, des comédiens fatigués, mais une détermination sans faille pour mon dernier mois de tournage. Et comme dit Hoel à la belle Isa qui accuse le destin, à la fin d’un épisode des Passagers du vent, de les avoir emporté dans d’aussi funestes aventures “C’est pas ça, le destin, Isa… ça… C’est la chance”.

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27Apr

Filmer Cosi fan tutte aux Pavillons-sous-Bois (21) : Montage, Montage (et jamais ne reviens)

Posted by Mathieu Tuffreau on April 26, 2012

C’est le seul moment de calme du cinéaste, lorsque le bruit et la fureur s’estompent pour laisser place à la mélancolie, au regret de ne pas avoir fait durer tel ou tel plan et de ne pas avoir filmé tel autre, mais aussi au bonheur de trouver de bonnes surprises.

L’art de la joie de Cosi fan tutte sied si bien aux jeunes gens avec l’humour de grands adolescents de Lorenzo da Ponte et de Wolfgang Amadeus Mozart qu’il suffit de se laisser guider par le livret pour laisser surgir le dernier âge naïf de la vie d’homme. Seul le manque cruel de moyens ne permet pas d’élever le film au niveau rêvé, qui aurait mérité plus de travellings et de grues (Saint Jacques Demy, priez pour nous).

Il reste une douzaine de scènes de l’opéra, majoritairement issues du premier acte, dans le montage final qui fera peut-être 25 minutes. Le montage rêvé sur la route prend forme sur ordinateur avec le sourire et le courage de belles jeunes filles qui portent en elles les voyages et les rêves du monde entier.

Il y a exactement dix ans à quelques jours près, la serveuse arabe française, une très belle jeune femme en jupe, du café lyonnais dans lequel je me trouvais est entrée en larmes prendre son service. Le second tour de la Présidentielle venait d’être remporté par Jacques Chirac. Un Ministre de l’Intérieur autoritaire futur Président de la République Française venait d’être nommé pour donner des gages au Front National. La jeune femme avait été menottée et couchée sur le capot de la voiture de police dont les occupants lui reprochaient de ne pas avoir ses papiers. Ce film est dédié à cette jeune femme.

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26Apr